La beauté blessée des filles

Par Patricia Mignone éducation Aucun commentaire sur La beauté blessée des filles

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Il y a plus de 10 ans, la marque Dove s’est emparée du sujet dans une démarche militante. L’idée : réconcilier les femmes avec leur beauté.
Mais quand les femmes se sont-elles fâchées avec leur beauté ?
Et, en tant que mère, que pouvez-vous faire pour que votre fille s’aime telle qu’elle est ?
C’est le sujet de cet article.

La beauté, une notion relative

Vous vous trouvez comment, vous ?
Plus précisément, quelle partie de votre corps trouvez-vous acceptable ?

  • Vos seins sont trop petits, trop gros, tombants, asymétriques ?
  • Vos hanches trop volumineuses ou, au contraire, trop effacées ?
  • Votre chair trop flasque, trop adipeuse ?
  • Vos fesse tombent ? Vous avez une culotte de cheval ? Vous êtes stéatopyge ?
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Katy Perry adore se déguiser. La voici en fille moche dans son clip « Last Friday Night ».

La liste pourrait certainement couvrir 3 pages et comporter des récriminations… qu’objectivement, vous trouveriez ridicules si c’était une autre femme qui les proférait.

Quant aux hommes, la plupart d’entre eux sont trop bien placés pour savoir que le corps de leur compagne est un ratage absolu : si c’est elle qui l’affirme, à quoi bon la contredire ?

Ce qui est idiot, c’est que la notion que l’on a de la beauté est culturelle (et donc relative).
En effet, dans la plupart des cultures, comme par le passé en Europe, on privilégiait les formes, qui étaient synonyme d’opulence.
Aujourd’hui, la valeur des formes a évolué vers une idée de négligence : dans l’impensé collectif actuel, est ronde, voire grosse, une femme qui souffre de désordres alimentaires et qui ne se prend pas en main physiquement.
Inférence inévitable : elle ne prend pas sa vie en main.
A e stade, l’hypothèse qu’elle puisse avoir des ennuis de santé est exclue.

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Quoi qu’il en soit, les recherches que l’enseigne Dove a menées ont révélé que, dans la société européenne, « les femmes sont très sévères lorsqu’il s’agit de faire l’éloge de leur corps alors qu’au contraire, elles reconnaissent très facilement la beauté de leurs amies ».

Dans certains articles présents sur le site de Dove, on lit qu’« il reste encore beaucoup de choses à faire pour réparer la relation que nous entretenons avec la beauté ».
Ce terme, réparer, est terrible car il indique, à raison, qu’à un moment de leur parcours, les femmes ont été blessées émotionnellement, psychologiquement et que le désamour en est résulté.

A l’inverse, certaines femmes s’aiment et se trouvent belles.
Quand elles en parlent, cet amour de soi prend ses racines dans leur enfance,
• dans l’amour dont elles ont fait l’objet en tant que personne,
• dans les mots avec lesquels on leur a parlé d’elles,
• dans la façon dont elles ont été regardées,
• dans le comportement de leur mère vis à vis de son propre corps.

C’est ici qu’interviennent le mimétisme et les neurones miroirs.

La beauté des filles : mimétisme et neurones miroirs

On a noté depuis très longtemps que les petits enfants apprennent et construisent leur monde par mimétisme.

C’est très simple : ils adoptent et reproduisent tout ce qu’ils voient autour d’eux, qu’il s’agisse des comportements, des croyances, des mimiques, des valeurs, de la relation à soi et aux autres, etc.

Ce fonctionnement a été validé lorsqu’on a découvert l’existence des neurones miroirs qui, par exemple, amènent les bébés à imiter les mimiques de l’adulte qui les nourrit. Ainsi, la maman peut ouvrir la bouche quand elle tend la cuillère au bébé, et aussitôt, le bébé ouvre la bouche….

Pour un enfant, la féminité s’incarne dans la personne de sa maman

Pour votre enfant, vous représentez donc l’archétype de la féminité.
Vos comportements, votre façon de vous habiller, de vous parfumer, votre rapport à votre partenaire, vos manières de table, la façon dont vous parlez, votre rapport aux inconnus (courtoisie etc), tout cela va constituer sa vision de la féminité.

Par sa façon d’être, une mère enseigne la féminité à sa fille et à son fils.
Elle leur enseigne ce qui constituera leur norme à l’âge adulte.
Elle enseigne donc à sa fille comment se comporter, prendre soin de soi, etc, et elle enseigne à son fils comment se comporter envers les femmes.
(D’où l’importance d’éviter la servilité au sein de la famille : une mère n’est pas une domestique. Nous en reparlerons ailleurs)

Les enfants absorbent donc comme des éponges les modèles qui leur sont présentés autour d’eux, et spécialement au sein de leur famille.

Découvrez cette expérience poignante menée par Dove.
Elle en dit long sur l’empreinte qu’une mère dépose sur sa fille (et son fils également, bien entendu).

La beauté des filles : en tant que mère, comment la protéger ?

En tant que mère, vous pouvez faire beaucoup de choses pour épargner cette blessure à votre fille.

1. Adoptez un principe : ne parlez qu’avec une intention positive

la-beaute-des-filles-1Si ce que vous vous préparez à dire n’est pas positif ni constructif et, en résumé, ne fait pas avancer les choses dans le sens de l’émancipation, de l’encouragement et de la joie de vivre, taisez-vous.

  • Ne critiquez pas les autres.
  • Ne vous critiquez pas.
  • Ne critiquez pas votre enfant.

2. Adoptez une attitude : la présence à l’instant

Vous possédez certainement déjà l’outil sur lequel repose l’essentiel du travail que vous allez accomplir : c’est la présence à l’instant que préconisent différentes approches méditatives, comme, par exemple, la mindfulness ou méditation de pleine conscience.
C’est une ressource indispensable quand on veut modifier ses habitudes.
Vous en aurez besoin.
La pratique de la méditation nous permet de remplacer des habitudes stériles ou néfastes par des habitudes constructives et stimulantes.

3. Repérez vos habitudes et vos automatismes

De par le contexte dans lequel nous baignons, de par les habitudes de notre famille d’origine, nous sommes généralement enclines à nous plaindre, maugréer et critiquer.
A l’encontre de ces automatismes stériles, les 2 clés qui précèdent – intention positive et mindfulness – vous aideront à détricoter vos réflexes ancestraux.

Ne dites plus « je suis comme ça » ou « c’est ma personnalité »

Croire « qu’on est née comme ça et qu’on ne changera pas » (et que, pour cette raison, vous ne pouvez pas vous empêcher de vous plaindre et de critiquer), c’est se référer à des croyances d’un autre âge.
Aujourd’hui, la découverte de la plasticité cérébrale – l’idée que le cerveau se renouvelle constamment et que nos gènes et notre ADN se réécrivent en lien avec nos expériences – nous confirme que nous sommes capables d’évoluer tout au long de notre existence.

Au début, c’est inconfortable parce que ça exige de votre part un effort : sortir de ses zones de confort, c’est acrobatique émotionnellement … et même physiquement.
Les neuro-sciences indiquent, en effet, que nos réflexes et habitudes font l’effet d’une intoxication sur notre corps : nous sommes littéralement « addicts » à nos habitudes et réflexes émotionnels.

Décider de changer, c’est donc accepter de renoncer; c’est faire un vide : c’est comme choisir de ne pas prendre la cigarette au moment où on amorce le geste de la prendre.
En contrepartie, rapidement, quelque chose qui ressemble au bonheur, à la paix, à la satisfaction, s’installe.
La vie change, positivement, plus légère et souriante ; les relations aussi.
Et ça fait du bien.

La beauté des filles-vous n'êtes pas obligée de parler

Aider votre fille à devenir une femme qui s’aime, ça passe par le détricotage de vos réflexes stériles ou nocifs et par l’adoption de comportements nouveaux qui stimulent et font avancer les choses.

Pour vous aider à avancer, je vous ai préparé une fiche qui va vous aider à détricoter vos réflexes stériles et épargner à vos enfants des paroles qui ne les font pas grandir.

Téléchargez votre fiche « Les Mots Responsables »


Fiche "Les Mots Responsables"

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